Dans la tête de Paulette

Prendre une décision

Ces derniers temps, mes séances avec ma psy (qui continuent par téléphone), tournent beaucoup autour de la notion de Prise de décision.

Si je me penche bien sur ce processus, j’ai souvent l’impression que mes choix se font un peu malgré moi.

Contrairement à une amie (qui se reconnaîtra), je fais facilement des choix. Lorsqu’elle doit faire un choix, parfois même un choix simple, elle a besoin de plusieurs heures/jours/mois/années (rayez les mentions inutiles). Elle pèse le pour et le contre, analyse toutes les conséquences, les impacts et les limites des différentes possibilités. Mais une fois son choix fait, elle ne revient pas dessus car elle est sûre d’elle (ou du moins elle a pris la meilleure décision). C’est certainement très efficace mais c’est aussi source de frustration pour elle, pour son entourage et je suis sûre qu’elle s’empêche de vivre des tas de choses en passant à côté parce qu’elle n’a pas fait son choix assez vite.

De mon côté, lorsque je me retrouve à devoir faire un choix, je suis souvent en mode « pourquoi pas ». Aller boire un verre alors que mon frigo est vite ? Pourquoi pas. Partir un weekend alors que mes finances ne sont pas au top ? Pourquoi pas. Partir de Paris ? Pourquoi pas. Quitter mon boulot qui me plaît ? Pourquoi pas. Vivre dans une ville inconnue ? Pourquoi pas.

J’essaie avec ma psy de trouver les raisons qui m’ont fait prendre telle ou telle décision…. Et c’est étrange de faire cela a posteriori…

Par exemple, pour le permis de conduire. J’ai une très mauvaise expérience avec la conduite lorsque j’ai été inscrite à la conduite accompagnée à l’age de 16 ans. J’ai tout laissé tomber du jour au lendemain, j’avais peur de conduire, je n’étais pas à l’aise et sûre de moi et de toutes façons, je n’avais pas besoin de conduire. J’ai très bien vécu pendant plus de 10 ans sans le permis et j’avais accepté le fait que la conduite n’était pas pour moi. Point.

Alors, pourquoi je me suis inscrite en arrivant à Besançon ?

Ok, j’ai le temps, l’argent, le besoin alors… Pourquoi pas.

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais pris de décision en me disant : « OK, c’est ça que je veux, pour telles et telles raisons, alors je vais le faire ! ». Mes choix sont le résultat d’une accumulation de mini choix, de mini opportunités auxquelles j’ai répondu « Pourquoi pas » et qui me font arriver ici.

  • J’ai toujours eu l’idée d’aller vivre à l’étranger un jour parce que Pourquoi pas.
  • En juin 2015, Chat m’a parlé d’une offre promotionnelle Air France pour le Canada, il m’a proposé d’en profiter et d’aller passer 2 semaines au Québec en septembre, Pourquoi pas.
  • En se baladant dans cette ville qui nous plaisait temps, on se disait « Y vivre ? » « Pourquoi pas ».
  • En rentrant en France, en regardant les démarches pour faire les demandes de PVT, on a postulé en se disant Pourquoi pas.
  • En juin 2016, on se retrouve tout les deux avec les PVT…
  • Pourquoi pas.

J’ai l’impression que ma décision d’aller vivre au Canada est une suite de Pourquoi pas… Je ne remets pas en question ce choix, j’ai toujours envie d’aller y vivre mais je n’arrive pas à identifier le moment où j’ai expressément formulé cette prise de décision.

Autre exemple.

  • Je n’étais pas très bonne au lycée mais j’ai toujours aimé les livres, les bibliothèques et les CDI au collège ou au lycée. On m’a parlé des IUT option Métiers du livre pour mes études supérieurs, Pourquoi pas.
  • J’ai été prise dans un seul IUT (mauvais dossier oblige), je suis partie à Dijon, Pourquoi pas.
  • J’ai découvert le web et le code en cours, on m’a dit qu’il me fallait plus qu’un Bac +2 pour trouver du travail, Pourquoi pas.
  • J’ai postulé dans différentes licences qui correspondaient à peu près aux métiers du web, j’ai été prise dans une seule fac, à Cergy pour une licence pro, quand j’ai passé l’entretien, je savais même pas qu’il fallait avoir une entreprise car la licence était en alternance, Pourquoi pas.
  • J’ai trouvé une alternance par l’intermédiaire de la fac chez France Télécom, j’ai découvert le métier de Webmaster, j’ai bien aimé, Pourquoi pas.
  • Mes différentes expériences professionnelles sont des successions de Pourquoi pas.

Encore une fois, j’aime mon métier, mais je n’arrive pas à identifier le moment où j’ai expressément formulé le choix de faire ce métier.

C’est étrange de me rendre compte que les décisions importantes dans ma vie, j’ai l’impression de ne pas les avoir vraiment faites. Arrivée à un embranchement, j’ai le choix entre deux options et si je regarde en arrière, je n’arrive pas à me souvenir du moment où je me suis dirigée vers cet embranchement.

Bon, bien sur, ce n’est pas le cas pour toutes mes décisions, par exemple, je peux donner des dizaines de raisons pour lesquelles je ne veux pas d’enfants. Et dans ce cas, le Pourquoi pas à peu de chance de faire surface.

  • posté le 3 août 2016

  • dans Blabla

4 commentaires

  1. Shermane dit :

    C’est sans doute naif mais je trouve ton atttitude plutot saine ! Au lieu de vouloir tout controler, tu te laisses porter par les événements et tu saisis les occasions quand elles se présentent à toi. Je n’ai jamais eu l’impression que tu baclais les choses en tout cas.
    Bref, je ne pense pas qu’il faille forcément faire un brainstorming sur tout, les mini-choix, c’est pas mal non plus 🙂

    1. Paulette dit :

      Oui, les mini choix sont pas mal, mais des fois je me demande quand même comment j’en suis arrivée là et si mes choix sont vraiment ce que je veux… et donc parfois, qu’est ce que je veux…

  2. Sophie dit :

    Et si le « pourquoi pas » était finalement une sorte de prise de décision ? Lorsque tu te dis « Pourquoi pas, allez j’y vais ! », en fait tu décides tout simplement de suivre ton intuition, c’est peut-être une bonne façon de faire des choix aussi ! 🙂
    Je ne ferai, bien sûr, aucun commentaire sur la première partie…
    Bisou Paulette 🙂

    1. Paulette dit :

      Tu as peut être raison, je vais y réfléchir. Hahah, je savais que tu allais te reconnaître.

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