Dans la tête de Paulette

Not that kind of girl (antiguide à l’usage des filles d’aujourd’hui)

Résumé

On peut n’avoir même pas trente ans, avoir créé une série culte, avoir déjà été qualifiée pêle-mêle de  » voix d’une génération  » et de  » fille naturelle de Susan Sontag et de Woody Allen « , figurer dans la liste du Times des 100 personnes les plus influentes du monde, avoir vu Joyce Carol Oates chanter vos louanges, avoir décroché un contrat faramineux avec une des plus grandes maisons d’édition américaines, et pourtant être percluse de tocs, de complexes et d’angoisses existentielles.

Lena Dunham, c’est la bonne copine. Celle qui vous raconte par le menu ses plans drague foireux, ses accidents sexuels, ses premiers boulots minables. Mais Lena Dunham, c’est aussi la philosophe néoféministe qui nous explique qu’il vaut mieux pour notre santé mentale bannir à jamais le mot régime de notre vocabulaire, que dans la vie, il y a les hommes et il y a les connards, que New York est la plus belle ville du monde et qu’à la fin, puisqu’il n’y a rien, autant rigoler.

Mon avis

Je pense que j’ai dû voir 4 ou 5 épisodes de la série Girls il y a quelques années, j’ai mis de côté en me disant que j’y reviendrais et pour le moment, je n’ai pas encore eu le temps/l’occasion (comprendre : ce n’est pas sur Netflix et j’ai la flemme de télécharger).
Malgré cela, je suis assez conquise par le personnage et la personnalité de Lena Dunham, je suis admirative de son succès et de cette image de femme cash/féminine/féministe/looser qu’elle renvoie.

Quand j’ai vu qu’elle avait écrit un livre sur son histoire et dans lequel elle donne son avis et ses conseils pour « les filles d’aujourd’hui », j’ai mis la référence du bouquin dans ma liste de vœux (et j’ai surtout attendu qu’il soit traduit en français/en poche).
Je viens donc de le terminer et… je suis déçue.

Lena raconte ses anecdotes les plus pitoyables de sa vie, certainement pour montrer qu’elle a lutté et qu’elle est une fille comme les autres mais au final, ça me donne le sentiment de malaise, comme si elle voulait se dénigrer au maximum et montrer à quel point elle est nulle/moche/névrosée/mal aimée.

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Ce livre est une accumulation d’échecs sentimentaux, scolaires, relationnels, professionnels sans trop de fil conducteur. Il me laisse avec un sentiment global que Lena est très prétentieuse tout en cherchant les situations dans lesquelles elle sera le moins à son avantage pour rester dans cette image de la « petite grosse ratée ». J’ai eu l’impression qu’elle cherchait à être pathétique. Par exemple, lorsqu’elle se décrit aller à une soirée (d’adolescents ou mondaine), elle est toujours dans une robe trop petite pour elle, qui la boudine.
Elle est souvent sous de fortes doses de médicaments, ne sachant pas trop comment justifier ses actions ou ses paroles.

Si tout est vrai, on finit vraiment par se demander comment elle a pu réussir à ce point tout en gardant la face et en étant respectée/estimée dans le milieu et par sa famille et ses amis.
Bon par ailleurs, ça prouve qu’on peut être pathétique et arriver à écrire, jouer, diriger et produire une série à succès qui sera la « voix d’une génération », ça rassure quand même sur certains points.
J’y ai également trouvé un bon témoignage sur l’endométriose, je pense que Lena est une bonne ambassadrice de cette maladie.

Malgré cela, certains passages sont pertinents et m’ont touchés, surtout ceux sur la génération Y et ses problèmes (Lena a tout juste un an de plus que moi).

« L’aspect le plus terrifiant au rayon santé est le refus des hommes d’effectuer les démarches nécessaires à leur mieux être et la responsabilité qu’ils ont dans leur propre perte en ne faisant pas ce qu’il faut. Tout ça me donne envie de faire un gros dodo. »

Pour finir, et sur ce point je pense qu’il faut que je fasse quelques recherches, j’ai été très perturbée par l’écriture (ou la traduction).

Si vous avez déjà vu un épisode de Girls, vous savez à quel point Lena Dunham aime montrer les choses de la vie de façon crue (en particulier le sexe). Je m’attendais donc à ce même point de vue dans son livre. Or, malgré quelques descriptions de situation crue, les mots utilisés sont presque enfantins.

Par exemple, elle utilise le verbe « ziquer » ( ?) au lieu de « niquer » ou « baiser ». Les mots « fouffe », « zob » et « turlute » sont les seuls utilisés ainsi que l’expression « partie de jambes en l’air ».

J’ai eu l’impression d’une espèce de censure. Reste à voir s’il s’agit d’une censure présente dans la version originale ou si elle a été ajoutée à la traduction.

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Not that kind of girl ne correspond pas du tout à mes attentes donc pour me réconcilier avec Lena Dunham, j’ai décidé de me remettre à la série Girls.
J’espère ne pas être déçue aussi.

2 commentaires

  1. Shermane dit :

    AH ! Je pensais que tu allais te répandre en éloges sur ce livre, mais tu m’as carrément refroidie !
    J’ai dû faire 3/4 du premier épisode de Girls, pas du tout accroché. Je ne me retrouve pas dans ses accidents et ses névroses, et encore moins dans son milieu. Si tu dis qu’en plus elle cherche à être la bonne pote…
    Ah-ah, j’aime beaucoup « ziquer », mais j’aurais cru que c’était pour dire écouter/faire de la musique. Ahem.
    J’ai vu que tu es en train de lire un livre d’Adichie mais je n’ai pas eu le temps de voir lequel c’est, il me tarde de la découvrir, je pense que ses préoccupations seront plus pragmatiques, terre-à-terre.

    1. Paulette dit :

      J’ai terminé la première saison de Girls et encore une fois, son personne a elle ne me parle pas du tout…
      Adachie, rien à voir ! Beaucoup plus mature.

Les commentaires sont déasctivés.