Dans la tête de Paulette

Wall Street English, deux mois après, mon avis

/// Attention, article long ///

Un de mes projets en arrivant à Besançon, en plus de passer le permis, était de suivre une formation en anglais pour améliorer mon niveau, combler mes lacunes en grammaire et surtout parler, affronter mon blocage de l’oral.

Mon rapport à l’anglais

Mon rapport à l’anglais est assez classique, première langue vivante en 6ème, j’ai suivi des cours d’anglais jusqu’à la fin de mes études supérieures. Au début, j’étais assez réfractaire, je ne voyais pas trop l’intérêt et surtout, comme je n’aimais pas travailler, apprendre une autre langue ne faisait pas du tout partie de mes priorités.

Je me souviens d’une semaine passée à Londres avec mes parents et mon frère où le matin avant de partir du B&B, nos parents nous ont demandé de descendre à la cuisine demander du jus d’orange en nous faisant bien répéter la phrase et arrivés en bas de l’escalier, nous étions incapables de ressortir la phrase. Heureusement, nous avions la bouteille de jus d’orange vide dans la main et la gentille dame a compris notre demande…

J’ai eu un déclic entre le collège et le lycée quand mes parents m’ont envoyée en Irlande pendant 3 semaines pour un échange linguistique avec une gamine de mon âge. Contrairement à elle quand elle est arrivée en France et qu’elle a compris que mes parents parlaient anglais, j’ai débarqué dans une famille de quatre enfants qui ne connaissaient que « Croissant » et « Rosé » de la langue française (et bien sûr « Voulez-vous coucher avec moi », ce qui est très bizarre d’ailleurs quand un homme d’une quarantaine d’année s’adresse à une gamine de 15 ans…).

Passé ce séjour libérateur, je me suis intéressée de plus près à la langue et surtout à la culture anglaise. J’ai vite vu que si je voulais voyager, il allait falloir m’y mettre. J’ai donc réussi à progresser vers un niveau moyen au lycée et en études supérieures. J’ai même passé le TOEIC en licence et j’ai eu un niveau « opérationnel de base » avec une note de 700 sur 990.

À partir de ce moment-là, j’ai arrêté tous les films et séries en français pour ne visionner plus que de la VO sous-titrée. J’ai donc énormément développé mon oreille et ma compréhension orale ainsi que les différents accents. En partant voyager, je me suis rendu compte que je comprenais très bien mais que j’avais du mal à oser prendre la parole pour répondre. Encore il y a quelque temps, si un touriste m’arrêtais dans la rue et me demandait si je parlais anglais, ma réponse était toujours « un petit peu ».

Je me souviens d’une soirée professionnelle dans un de mes premiers boulots, soirée avec des étrangers qui parlaient tous anglais autour de la table. Je ne parlais pas et quand ils me posaient des questions je me reposais sur ma collègue/copine. Le souci, c’est que je comprenais tout et rigolais quand ils faisaient des blagues… Ils me prenaient donc pour une tarée qui rigolait quand toute la table rigolait…

Tout cela pour en arriver à il y a 2 mois quand j’ai pris le taureau par les cornes et j’ai décidé d’affronter ce point faible qui me bloque professionnellement et personnellement. J’en étais donc avec un niveau assez élevé en compréhension et un niveau obscure en expression. Le gros souci est que mon apprentissage de ces dernières années est basée sur de l’écoute, j’ai donc beaucoup de choses qui viennent au feeling, par du mimétisme. Mes bases grammaticales sont lointaines et certaines lacunes sont des lacunes qui datent de mes premières années d’apprentissage (genre, je ne sais pas faire la différence entre « hundred » et « thousand »).

Quel centre d’apprentissage ?

Arrivée à Besançon, j’ai eu un rendez-vous avec Pôle Emploi et j’ai évoqué ma volonté de suivre une formation. Elle a été acceptée mais il fallait que je me débrouille pour trouver l’organisme qui me convenait.

J’ai donc eu le choix entre les formations entièrement en ligne ou les formations physiques.

J’avais envie de voir des gens et je voulais surtout pouvoir pratiquer à l’oral, la seconde solution a donc été la bonne. Parmi les collègues de Chat, j’ai entendu parler du CLA (Centre de Linguistique Appliquée) de Besançon qui m’a proposé une formation en deux temps. Une première partie avec deux semaines de formations intensives en groupe (6 heures par jour pendant 10 jours) et une seconde partie avec deux semaines sur l’optimisation des échanges professionnels, le tout avec une certification BULATS à la fin. Le devis était validé par Pôle Emploi, et après avoir fait un test écrit j’étais prête à attaquer quand le CLA m’a annoncé que je ne pouvais pas suivre la formation car j’avais « un trop bon niveau par rapport aux autres élèves » et qu’il fallait au moins trois élèves par niveau pour suivre la formation.

Retour à la case départ. J’ai donc poursuivie mes recherches et je me suis souvenue des super affiches dans le métro parisien pour Wall Street English.

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Mon expérience Wall Street English

J’ai fait une demande de devis sur le site internet, j’ai attendu 3-4 jours avant d’être rappelée. On m’a proposé un rendez-vous pour m’expliquer le fonctionnement et voir ce qui pouvait être proposé pour mon cas.

Les locaux de WSE se trouvent dans la zone universitaire de Besançon, face à mon agence Pôle Emploi, à 25 minutes de bus de chez moi. Pas le plus pratique dans mon cas mais au moins c’est direct.

Lors de mon rendez-vous initial, j’ai donc eu une présentation du système WSE qui est basé sur des niveaux divisés en unité, elles-mêmes divisées en leçons. Je n’ai pas tout bien compris lors de cette réunion mais ce que j’ai compris c’est que dans mon cas, avec une formation intensive, mes semaines sont chargées d’anglais : trois leçons informatiques face à un ordinateur, trois leçons écrites en rapport avec les leçons informatiques, 1 heure de leçon orale face à un prof pour revoir ce qui a été vu lors des leçons informatiques et 1 heure de conversation avec un prof. Je peux également ajouter des exercices supplémentaires sur ordinateur depuis chez moi ainsi que des « Social Club » deux fois par mois qui permettent de parler anglais dans un cadre informel.

J’ai ensuite fait un test de 15-20 minutes sur ordinateur pour évaluer mon niveau et je suis ressortie avec un devis pour 4 niveaux (soit 16 unités, soit 48 leçons écrites et 32 leçons orales) répartis sur quatre mois. 6 heures de cours par semaine dans les locaux de WSE et un peu de travail chez moi dans mon cahier d’exercices. Et également une certification BULATS pour terminer le tout.

Le devis a été validé par Pôle Emploi, j’ai démarré l’expérience au début du mois d’octobre.

Mon avis à mi-parcours

Je suis actuellement à la moitié de cette formation, je clôture cette semaine mon second niveau. J’ai participé à deux « Social club », un premier sur l’Afrique du Sud et un second sur le Tea Time britannique. J’ai un « Social Club » sur les chants de Noël prévu la semaine prochaine et une balade dans le marché de Noël la semaine suivante.

Au début de ma formation, j’ai un peu été déroutée par la pédagogie par la répétition lors des cours informatiques. La leçon commence toujours par une magnifique scène de 5-7 minutes style roman-photo des années 2000 au détourage raté et bourrée de clichés.

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Il y a ensuite une grosse session de répétition orale de phrases tirées de la scène puis des exercices à trous, j’ai une très bonne mémoire immédiate et je me rendais compte que je travaillais plus ma mémoire que ma réflexion pour ces exercices. Pourquoi analyser la construction de la phrase quand on a juste à se souvenir de ce qu’on vient d’entendre. Il s’agit d’un vrai effort de ma part pour contrer ce réflexe.

Le second point négatif, c’est l’ergonomie de l’interface. Outre les graphismes dignes des débuts d’internet*, les exercices sont souvent des phrases à trous ou dialogues à mettre dans le bon ordre. Et parfois, une réponse peut correspondre à deux questions, si on ne lit pas toutes les questions avant de commencer les réponses, on peut se retrouver à faire une erreur alors que la logique est bonne. C’est très frustrant d’avoir faux alors que dans l’absolu, la réponse est correcte.

Les leçons orales, c’est ce que je préfère, j’aimerais pouvoir avoir plus de leçons orales par semaine. Le cours « Encounter » est consacré à la révision de ce qui a été vu dans l’unité, on est un petit groupe de quatre personnes maximum qui vient de terminer la même unité. On passe donc 1 heure à poser des questions sur ce qui a été vu et qui nécessite des explications et il y a quelques exercices supplémentaires pour évaluer l’apprentissage. À l’issue de ce cours, le passage à l’unité suivante est validé par le prof (ou non).

Le cours « Complementary Class » est plus une heure de conversation avec six personnes maximum du même niveau. Le professeur guide la conversation sur un sujet et fait parler l’ensemble du groupe. C’est interactif et on est moins dans l’anglais parfait que dans la prise de la parole. C’est souvent drôle.

Les professeurs sont tous anglophones et viennent de pays divers (Angleterre, Canada, USA, Afrique du Sud…), on a donc un panel d’accents, d’expressions et de cultures qui alimente l’apprentissage.

Mon niveau actuel

Concernant mon apprentissage personnel et l’évolution de mon niveau, j’ai pas mal évolué sur la grammaire, c’était mon objectif principal. Mon niveau de vocabulaire est assez élevé par rapport à ce qui est proposé dans les leçons, je n’apprends donc pas trop de nouveautés. Je pense que j’ai deux niveaux différents d’anglais entre le vocabulaire et la grammaire.

J’ai encore beaucoup de mal sur les différents temps du passé et certaines tournures de phrases ne seront jamais instinctives dans mon esprit (« so do I » par exemple).

Surtout, je me surprends à plus analyser les phrases que j’entends dans les films ou les séries, à me poser des questions sur le temps utilisé, la construction de la phrase. Je suis moins dans l’absorption qu’avant. J’ai également sauté le pas et j’ai lu un livre en anglais (chose que je n’avais encore pas fait). Même s’il ne s’agit que de Harry Potter, j’ai été bien contente de le faire.

Conclusion

À mi-parcours, je suis donc plutôt contente de cette expérience. Je ne sais pas si ce concept peut convenir à tous car il y a une grosse part de travail personnel et d’apprentissage individuel, c’est peut-être plus adapté pour les personnes qui ont déjà des bases d’anglais. Je me demande ce que ça donne pour les personnes débutantes. Je suis très régulièrement en cours oraux avec une femme qui a débuté à l’unité 09 (pour comparaison, j’ai débuté à l’unité 21), elle a avancé dans les niveaux depuis plusieurs mois et même si elle a de meilleures bases grammaticales que moi, elle a beaucoup de mal à s’exprimer et elle a peu de vocabulaire, on sent que son anglais est « jeune ».

Comme pour tout, il faut aussi beaucoup de pratique pour devenir « fluent ».

Fin de cet article fleuve.

* La nouvelle interface des leçons multimédia va être mise en place à la fin du mois de janvier 2017, je ne sais même pas si je vais pouvoir la voir.

(Illustration : Roisin Hahessy)