Dans la tête de Paulette

Captain Fantastic

Mon gros coup de cœur de  la semaine dernière, Captain Fantastic de Matt Ross avec Viggo Mortensen (ne cherchez pas dans le titre un quelconque rapport avec un nouveau super-héros Marvel, ou même un rapport avec le film en fait…). La base de beaucoup de conversation eues ce weekend avec les amis parisiens, en rapport avec les envies récurrentes et de plus en plus nombreuses d’un changement de carrière, de mode de vie des trentenaires de mon entourage plus ou moins proche.

Synopsis

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Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes.
Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

Bande annonce

Mon avis (avec quelques spoilers)

La première partie est une vision vraiment extrême de la vie en auto-suffisance, le rejet du monde ultra consommateur et égoïste dans lequel nous vivons. Les enfants sont en totale harmonie avec la nature mais en totale déconnexion avec le monde social. La seconde partie est la confrontation de ce monde utopiste, auto-centré et du monde qu’il rejette. Un monde d’un autre extrême avec des enfants ignares, des gens malades et tout autant fermé sur les différences d’options et de mode de vie.

Personnellement, je me retrouve un peu dans les deux mondes et mes valeurs sont tiraillées entre ces deux visions de la vie. Je suis ultra connectée, je bosse dans le numérique et la consommation, j’aime la vie urbaine, je ne suis pas très dégourdie avec les choses de la nature et j’ai toujours vécue en appartement. Mais par ailleurs, je suis attentive à ma consommation alimentaire, énergétique, à l’impact de ma vie sur la nature et sur les autres, j’ai des grandes idées sur l’éducation (facile quand on a pas d’enfants je sais). Les deux parties du film montrent des mondes incompatibles et qui se rentrent dedans avec pertes et fracas pourtant la fin est une vision apaisée de cette rencontre, un juste milieu qui me fait totalement fantasmer.

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Longtemps, j’ai fait un trait sur mon envie (plus tard) d’une vie le plus possible auto-suffisante, avec un contrôle de ma consommation, une consommation plus juste, plus naturelle (végétarienne ?), plus harmonieuse et généreuse. Une vie en maison dans un village avec des interactions avec les voisins à base d’entraide. Un peu comme dans les éco-villages des pays nordiques. Une vie basée sur la communauté et la participation de tous. Une utopie qui est souvent vue comme en marge de la société. Ces propositions de vie sont visibles dans ce super livre que je prête souvent et à plein de gens : Vivre la simplicité volontaire, clairement anticapitaliste voir anarchiste. Et clairement un extrême par rapport à ce que je vis actuellement. J’avais fait un trait sur cette envie car pour la vivre, il me semblait essentielle d’avoir une autonomie physique, en gros le permis de conduire. Et comme j’avais fait un trait sur ce bout de papier…

Mais maintenant…

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Captain Fantastic est une vraie bouffée de joie, de calme et de sérénité (malgré certaines scènes absolument pas sereines). Bon bien sur, on voit vite les limites de ce film, quelques aspects sont survolés, les situations ne sont pas toujours très crédibles  et il reste très américain parfois. Très proche du film « Little Miss Sunshine » par son côté film américain indépendant, road trip d’une famille atypique et hors norme, avec des personnages haut en couleurs et attachants.

Pour finir, la musique d’une scène très émouvante mais malgré tout légère, la reprise de Sweet child o’mine des Guns n’ Roses par la famille.